Synopsis :

« Cambridge, 1171. Un enfant a été massacré dans des conditions atroces et d’autres sont rapidement portés disparus. Les juifs, désignés comme boucs émissaires par le clergé catholique, ont été forcés de se retirer dans le château seigneurial afin d’éviter un lynchage en règle par les habitants furieux. Henry, roi d’Angleterre, ne voit pas ces événements d’un très bon œil, d’autant plus que la communauté juive lui procure une grande partie de ses revenus… Le véritable assassin doit être trouvé, et rapidement. Un enquêteur de renom, Simon de Naples, est dépêché depuis le continent et débarque en ville accompagné d’un Arabe et d’une jeune femme, Adélia Aguilar, diplômée de la Grande Ecole de médecine de Salerne. Sa spécialité est l’étude des cadavres, un savoir-faire qu’elle doit garder secret si elle veut éviter d’être accusée de sorcellerie ».

 

Quelques mots sur l’auteure :

« Ariana Franklin est née à Londres en 1933 avant que sa famille ne parte s’installer dans le Devonshire pour échapper au Blitz. Elle est devenue l’une des plus jeunes journalistes de sa génération, puis s’est retirée à la campagne pour élever ses deux filles, étudier l’histoire médiévale et écrire.

La Confidente des morts a reçu le CWA Ellis Peters Historical Award en 2007 et le Macavity Award en 2008. Ariana Franklin a reçu en 2010 le CWA Dagger in the Library Award pour l’ensemble de son œuvre, qui compte seize romans et trois essais. Elle s’est éteinte en 2011 à l’âge de soixante-dix-huit ans ».

 

Mon avis :

Avant toute autre chose, j’aimerais remercier l’administratrice du blog In The Romance We Trust d’avoir lu ce policier médiéval avec moi. J’adore les éditions 10-18 et leurs pépites en version poche.

Je suis tombée amoureuse de l’écriture de cette spécialiste de l’Angleterre du Moyen-Age. Quel dynamisme! L’enquête est très bien menée. Elle constitue un précieux éclairage sur le XII ème siècle. Le règne d’Henri II Plantagênet qui a duré plus de trente-quatre ans était empreint de tensions politiques et religieuses. La perspicacité des personnages nous renseigne sur les contradictions d’une époque. Les jugements hâtifs concernant la place des femmes et le peuple juif allaient bon train, les remèdes médicinaux commençaient aussi à entrer en concurrence avec l’apprentissage scientifique. Les superstitions religieuses s’opposaient parfois au scepticisme philosophique… Ici, la gestion des rapports amicaux, amoureux ajoute du réalisme, de la douceur à l’intrigue.

On se demande jusqu’à la dernière page qui est l’assassin… J’ai complètement été happée par ce tourbillon littéraire. Ce livre est un coup de coeur. Je compte bien me procurer prochainement l’autre investigation traduite en français : La morte du labyrinthe.

 

(Date de sortie : 19 mars 2015 Éditeur : 10 – 18. Collection : Grands détectives. 522 pages. Prix du format papier : 8,80€. Prix du format numérique : 11,99€. Site internet de l’éditeur : https://www.10-18.fr).

 

Mon avis : 
Ce roman est une superbe découverte... Vraiment !! Absolument tout était réuni pour faire de ce moment de lecture, un agréable intermède livresque.
Tout d'abord, il faut savoir que dans ce roman, on entre très rapidement dans le vif du sujet. Bien entendu, l'auteur met en place l'intrigue en utilisant moult détails, mais c'est fait avec une telle intelligence (même pas peur) que l'on ne s'ennuie pas un instant. Elle décrit rigoureusement les lieux, ce qui nous permet d’imaginer les endroits où se déroule l'intrigue. Notamment Cambridge. Elle décrit très précisément aussi, les moeurs de l'époque, le fonctionnement des institutions religieuses, le mode des vies des paysans, mais aussi des notables, les croyances, les superstitions, etc. 
Elle introduit de nombreux personnages en simultané ce qui peut, à un moment nous faire perdre le fil conducteur du récit, et même sembler parfois quelque peu rébarbatif... mais accrochez-vous !! Une fois tour cela mit bout à bout, on adhère très rapidement audit récit.  
On pourrait faire une indigestion devant tant de descriptions... mais non, comme je l'ai mentionné plus haut, Ariana Franklin réussit l'exploit de détailler son oeuvre sans que cela nous assomme. Justement parce qu'entre chaque description, nous pénétrons avec subtilité dans le coeur de l'intrigue principale. 
Henry II a besoin de la manne financière que constitue la communauté juive, pour cela il faut rapidement la disculper des soupçons qui pèsent sur elle. De manière très détaillée, l'auteur explique la relation ambiguë qu'entretenait le monarque avec ce peuple toléré en terre chrétienne.
Il décide donc de faire appelle à Simon de Naples célèbre enquêteur qui sera accompagnée dans son périple par Mansur le sarrasin, castrat de son état. Le monarque de Salernes décide de leur adjoindre l'aide d'une femme dont les connaissances sur l'étude des cadavres leur seront d'une aide précieuse. Il ne tergiverse pas, la meilleure d'entre eux les accompagnera. 
Cette femme c'est Adélia ! 
Parlons du cas Adélia... Tout d'abord il faut savoir que les femmes médecins à cette époque, hormis à Salernes qui fait figure d'exception, étaient considérées comme des sorcières. Aussi, lors de leur arrivée à Cambridge, Adélia taira-t-elle le rôle qu'elle est censée jouer dans l'enquête menée par Simon de Naples. 
Cette femme est totalement en décalage avec son époque même si elle en a admis les codes. De fait, face aux comportements superstitieux, face aux agressions dont elle est la victime (notamment de Sir Gervase qui la traite de Putain à tout va), face aux délires obscurantistes elle observe, analyse, intériorise, se ronge, mais se tait. 
Et là moi je dis bravo !! Une femme avec un esprit profondément et résolument moderne, mais qui n'a d'autres choix que de s'adapter aux codes de l'époque, on ne peut que féliciter l'auteur qui respecte en tout point les faits historiques et le comportement que devaient adopter les femmes en cette sombre période médiévale. 
Le seul et unique point négatif que je souhaite soulever... entre nous, je devrais le qualifier de désagrément plus que de réel point négatif, car il n'a pas forcément gêné ma lecture. Il m'a interpellé c'est sur, suffisamment en tout cas pour que je le mentionne. C'est l'agacement récurrent d'Adélia. 
Toutes les deux pages... pour ne pas dire, en réalité à toutes les pages, Adélia répond sèchement, s'agace, soupir de mécontentement, s'agace de nouveau, répond sèchement encore une fois... etc. 
Bon, je dois avouer que c'est un trait de caractère que je DÉTESTE. Peut-être ceci explique-t-il le fait que cela m'ait autant marqué. Face à une personne absolument pas agressive à mon égard... Je n'ai aucune raison de m'agacer... Elle peut ne pas me comprendre, je peux lui expliquer... Nul besoin d'être acariâtre... Bon voilà c'est dit ;) 
Voilà, outre ce "détail" sans grande importance dans l'intérêt de l'histoire, je n'ai absolument rien d'autre de "négatif" à évoquer concernant ce roman. 
Je conclurais même en affirmant que ce roman est une petite pépite du genre !!  J'ai tout simplement adoré me plonger dans ce thriller médiéval de qualité. Intrigue rondement menée, originalité de l'histoire, dimension historique respectée. J'ai complètement était captivée par ce polar se déroulant dans une Angleterre médiévale obscurantiste ou croyances et superstitions sont le carburant d'une société au moeurs étriquée.  
Bonne lecture... ou pas :) 
Sanasan.